Michel Brugerolles

né le 4 janvier 1946 à Clermont-Ferrand

École des Beaux-Arts de Clermont-Ferrand.

École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris.

Diplôme national des Beaux-Arts, atelier gravure.

Pensionnaire de la Casa Velázquez, promotion 42 (1971 - 1972), Madrid.

Prix de l’International Art Guild (Palme d’or).

Prix de l’Institut de France.

Médaille internationale Dürer.

Prix de l’Académie des sciences, des belles-lettres et arts, Clermont-Ferrand.

Professeur à l’École Supérieure d’Art de Clermont Métropole (1973 - 2007).

Enseignant à l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Clermont-Ferrand (1976 - 2008).

Expositions personnelles en Europe

Paris, Clermont-Ferrand, Madrid, Strasbourg, Bologne, Bruxelles, Limoges, Riom, Port-en-Bessin, Chamalières, Regensburg, Volvic, Saint-Pourçain-sur-Sioule.

Expositions collectives et sélections aux biennales internationales de gravure.

Collections publiques

Bibliothèque nationale de France, Cabinet des estampes

Musée d’Art contemporain de Berlin, fonds d'estampes Grafik.

Musée d’Art contemporain de Madrid, Museo de Arte Contemporáneo.

Fonds Promocyjna, Varsovie.

Fonds du Mondial de l’Estampe, Chamalières.

Fonds Départemental d’Art Contemporain (FDAC) du Puy-de-Dôme.

Musée d'Art Roger-Quilliot (MARQ), Clermont-Ferrand.

éditions de gravures

Madrid, Paris, Clermont-Ferrand, Aurillac.

Fondateur de l'association d'artistes graveurs "Le chant de l'encre".

Voulant s'éloigner peut-être, de certaines turbulences hermétiques de 1'art du moment et du « toujours plus vite» « toujours plus neuf » imposés par nos nouveaux regards zappeurs, les artistes graveurs se sont donné le courage de prendre le temps :

Le temps de l'apprentissage, le temps de l'exécution, le temps du recommencement. Enfin, ... le temps d'une écriture... A travers leurs actes créateurs ils veulent se protéger et nous protéger. Un sens profond anime tout cela, une sagesse entreprenante, communicative. Ces artistes veulent préserver leurs parts d'autonomie, d’authenticité, de liberté intellectuelle qui se gagnent dans 1'effort, 1'humilité et le plaisir. Vaste posture qui va, de la jubilation de 1'enfant qui grave sur la plage mouillée une trace éphémère, dans la magie du jeu... à la solitude de 1'écrivain qui, seul devant sa feuille blanche, cherche à nous dire qu'il ne peut continuer à vivre sans nous, sans nos mémoires, sans nouvelles inquiétudes à surmonter.

Ne nous y trompons pas, malgré l’usage revisité des techniques ancestrales, ces artistes sont ancrés dans leur temps, sans amertume, sans nostalgie, ils sont dans leur modernité créatrice. Ils s'aventurent sur des pistes à risques, souvent décriées. Ils sont ballottés entre les doutes, des déconvenues, les choix à faire, le renoncement envisagé et cette fragile étincelle intérieure de l’achèvement pour laquelle ils persévèrent.

II y a là une dimension morale et de la vaillance à oser s'exprimer aujourd'hui par le dessin et sa forme pérenne : la gravure.

Ici, on ne peut pas tricher, une faiblesse se détecte par 1'intelligence d'un bref regard, loin des effets pièges des spectacles.

Depuis des années, avec pugnacité, ces artistes tracent sur le papier et dans le métal, des signes, des formes, des matières, des petites mises en scènes. Ils échafaudent des imaginaires déroutants, ils trouvent des émotions subtiles dans une ambiance de laboratoire, sans faillir. Ils dessinent, gravent, dessinent et gravent encore alors que tout est aujourd’hui possible, ils récidivent.

Remercions-les, pour la générosité d'un dessin, 1'opiniâtreté d'une gravure et, espérons-le, pour ces quelques émotions qui éveilleront en nous le besoin de construire un monde de probité et de poésie.

Il faut du temps, de la persévérance et beaucoup d’humilité pour trouver sa voie en gravure.

Mais, en contrepartie, ce chemin d’embûches procure de grandes satisfactions. C’est l’univers magique de l’image révélée par les combinaisons des blancs et des noirs, du propre et du sale, de l’endroit et de l’envers, du creux et du relief. C’est l’alliance de la fragilité du papier avec la dureté du métal. C’est la détermination, l’engagement nécessaire qu’il faut avoir face à la quasi-irréversibilité du dessin gravé. Ce sont ces odeurs âcres des acides, ces petites musiques de l’encre… Ce sont ces longs labeurs improductifs pour un instant d’intense étonnement. Ce sont ces métissages techniques où la modernité surgie de la mémoire.

Textes de Michel Brugerolles